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Élargissement de l'Union Européenne et Gouvernabilité

1. Europe à plusieurs vitesses, communauté politique européenne : le « serment de Strasbourg » d’Emmanuel Macron

Lors de la cérémonie de clôture de la Conférence sur l’avenir de l’Europe lundi, devant le Parlement européen, le président français a évoqué une réforme des traités et une généralisation du vote à la majorité qualifiée.

https://www.lemonde.fr/international/article/2022/05/09/europe-a-plusieurs-vitesses-communaute-politique-europeenne-le-serment-de-strasbourg-d-emmanuel-macron_6125397_3210.html

Il y a eu le discours de la Sorbonne, quand, le 26 septembre 2017, Emmanuel Macron a livré sa vision pour « refonder » une Europe que les crises successives – financière, migratoire et Brexit – avaient affaiblie. Il y a désormais « le serment de Strasbourg », comme l’a lui même baptisé, lundi 9 mai, le président français tout juste réélu. Alors qu’il s’exprimait lors de la cérémonie de clôture de la Conférence sur l’avenir de l’Europe qui se tenait dans les enceintes alsaciennes du Parlement communautaire, Emmanuel Macron a promis de contribuer à bâtir une « Europe souveraine, unie, démocratique et ambitieuse ».

D’un discours à un serment, les crises se sont succédé – la pandémie du Covid-19 et, maintenant, la guerre en Ukraine –, mais l’Europe qu’Emmanuel Macron appelle de ses vœux n’a pas varié. Là où il y a cinq ans, il avait surtout proposé des initiatives tous azimuts, de la défense à l’économie, en passant par la fiscalité ou l’éducation, pour la sortir de « la glaciation » et « la rendre au peuple », en ce jour de fête de l’Europe, il a fait des sujets institutionnels le cœur de son intervention. Et dessiné les contours d’une Europe qui pourrait être « plus efficace », « plus indépendante », plus inclusive aussi avec ses voisins, sans qu’il soit pour autant nécessaire de modifier les traités.

Née d’une idée du président français, la Conférence sur l’avenir de l’Europe avait débuté il y a un an. Huit cents citoyens européens, issus des quatre coins du continent, avaient ensuite été tirés au sort afin de participer à l’exercice, aux côtés d’élus et de représentants de la société civile. Au final, ces délégués ont retenu 325 mesures devant permettre de répondre à 49 objectifs et de construire une Union européenne (UE) plus démocratique et plus active dans la transition climatique, la santé, le social, mais aussi la fiscalité ou la politique étrangère.

  • Dépasser « le vote à l’unanimité »
  • Révision plutôt que désobéissance
  • Créer « un nouvel espace de coopération »

2. Adhésion de l’Ukraine à l’UE : Emmanuel Macron favorable à la création d’une « communauté politique européenne »

Cette nouvelle communauté permettrait notamment d’accueillir Kiev, pendant des négociations d’entrée dans l’Union européenne qui pourraient durer jusqu’à « plusieurs décennies ».

https://www.lemonde.fr/international/article/2022/05/09/adhesion-de-l-ukraine-a-l-ue-emmanuel-macron-favorable-a-la-creation-d-une-communaute-politique-europeenne_6125361_3210.html

Une adhésion, peut-être, mais qui n’arriverait pas avant « plusieurs années » voire « plusieurs décennies » : s’exprimant devant le Parlement européen lors de la Journée de l’Europe, lundi 9 mai, Emmanuel Macron a douché les espoirs des partisans d’une entrée rapide de l’Ukraine dans l’Union européenne (UE).

L’Ukraine, par son combat et son courage, est d’ores et déjà aujourd’hui membre de cœur de notre Europe, de notre famille, de notre union. Mais même si nous lui accordions demain le statut de candidat (…) à l’adhésion (…), nous savons tous parfaitement que le processus (…) prendrait plusieurs années, en vérité sans doute plusieurs décennies, sauf à ce que nous décidions de baisser les standards de cette adhésion et donc de complètement repenser l’unité de notre Europe, et parfois les principes au nom desquels nous sommes exigeants à l’égard de certains de nos propres membres. Et nous y tenons tous.

« L’Union européenne, compte tenu de son niveau d’intégration et d’ambition, ne peut pas être à court terme le seul moyen de structurer le continent européen », a ajouté le président français, qui a alors proposé la création d’une « communauté politique européenne ». « Cette organisation européenne nouvelle permettrait aux nations européennes démocratiques adhérant à notre socle de valeurs de trouver un nouvel espace de coopération politique, de sécurité, de coopération », a déclaré M. Macron à l’occasion de la clôture de la conférence sur l’avenir de l’Europe.

3. Emmanuel Macron favorable au lancement d’une convention de révision des traités européens

Le président français veut étendre le vote à la majorité qualifiée et fixer de nouveaux objectifs aux Vingt-Sept, comme le plein-emploi et la neutralité carbone. Treize Etats membres ont affiché leur désaccord à l’ouverture d’une telle procédure.

https://www.lemonde.fr/politique/article/2022/05/09/emmanuel-macron-favorable-au-lancement-d-une-convention-de-revision-des-traites-europeens_6125368_823448.html

Emmanuel Macron a profité de son passage devant le Parlement européen, lundi 9 mai, à l’occasion de la clôture de la conférence sur l’avenir de l’Europe, pour afficher son souhait d’une réforme des traités européens, sans en clarifier précisément l’orientation mais en proposant le Conseil européen du mois de juin comme premier espace de discussion sur le sujet entre les chefs d’Etat et de gouvernement.

Devant les députés européens et la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, le président français a salué le travail des élus, experts et citoyens mobilisés dans le cadre de la conférence, dont les discussions ont duré plusieurs mois et ont débouché sur l’écriture de quarante-neuf grandes propositions allant d’une amélioration de la transparence des emballages alimentaires à l’instauration d’un référentiel de salaire minimal dans chaque Etat européen.

« Il faudra réformer nos textes, c’est évident », a poursuivi M. Macron en se disant « favorable » à la convocation d’une révision des traités déjà proposée par les parlementaires européens dans une résolution adoptée à la fin du mois d’avril.

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En même temps que la prise de parole de M. Macron, organisée au titre de la PFUE, treize Etats membres de l’Union européenne se sont exprimés contre une telle initiative de révision des traités.

4. Enrico Letta : « Nous faisons fausse route » sur l’élargissement de l’Union européenne

L’ancien président du conseil italien défend l’idée d’une confédération pour répondre aux aspirations européennes de l’Ukraine.

https://www.lemonde.fr/international/article/2022/05/09/enrico-letta-nous-faisons-fausse-route-sur-l-elargissement-de-l-union-europeenne_6125331_3210.html

Enrico Letta dirige depuis mars 2021 le Parti démocrate et préside l’Institut Jacques Delors. Il donne sa vision de l’élargissement de l’UE alors qu’Emmanuel Macron doit prononcer, lundi 9 mai, un discours devant le Parlement européen et clôre la Conférence sur l’avenir de l’Europe.

5. L’Union européenne lance la réflexion sur une éventuelle adhésion de l’Ukraine

La demande d’intégration de Kiev, à laquelle s’ajoute celle de la Moldavie et de la Géorgie, divise les Vingt-Sept et représente pour Moscou un chiffon rouge.

https://www.lemonde.fr/international/article/2022/03/08/l-union-europeenne-lance-la-reflexion-sur-une-eventuelle-adhesion-de-l-ukraine_6116533_3210.html

Les Vingt-Sept savent le sujet délicat, mais ils ne pourront pas en faire l’économie lors du sommet qui se tiendra à Versailles, les 10 et 11 mars. Alors que Kiev a formellement déposé une demande d’adhésion à l’Union européenne (UE), le 28 février, il va leur falloir lui donner une perspective. La rencontre des chefs d’Etat et de gouvernement européens de cette semaine ne sera pas décisive. Mais elle doit être l’occasion d’envoyer un message politique aux Ukrainiens, sans pour autant préjuger de la suite, alors que le dossier est complexe, qu’il divise les Européens et qu’il représente pour Moscou un véritable chiffon rouge.

Côté européen, les difficultés de fonctionnement d’une Europe à vingt-sept ne plaident pas pour un nouvel élargissement. D’autant que Kiev n’est pas seul à frapper à la porte de l’UE : la Géorgie et la Moldavie ont également fait part de leur volonté de rejoindre la construction communautaire, et les pays des Balkans occidentaux attendent leur tour depuis des années.

6. Face à Poutine, Zelensky veut pousser les feux d’une adhésion de l’Ukraine à l’UE

Le président ukrainien a demandé, lundi, à ce que son pays puisse bénéficier d’une « procédure spéciale » pour rejoindre les Vingt-Sept. Kiev devrait déposer très prochainement une demande officielle d’intégration.

https://www.lemonde.fr/international/article/2022/03/01/face-a-poutine-zelensky-veut-pousser-les-feux-d-une-adhesion-de-l-ukraine-a-l-ue_6115638_3210.html

La guerre peut-elle raccourcir le chemin de Bruxelles pour Kiev ? Le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, a demandé, lundi 28 février, à bénéficier d’une « procédure spéciale » pour permettre à son pays d’adhérer à l’Union européenne (UE). L’initiative donne une idée de l’esprit de résistance qui anime le dirigeant, alors que l’offensive russe redouble d’intensité, au sixième jour des opérations déclenchées par Vladimir Poutine.

C’est Ursula von der Leyen qui, la veille, a amorcé ce débat à la fois symbolique et éminemment politique. Sur la chaîne Euronews, la présidente de la Commission européenne a dit son souhait de « porter » l’adhésion de l’Ukraine à l’UE « dans un avenir proche ».

7. Tribune : « Pour une reconnaissance officielle de l’Ukraine comme Etat candidat à l’Union européenne »

Cent seize personnalités, parmi lesquelles Daniel Cohn-Bendit, la députée Paula Forteza et l’eurodéputé Raphaël Glucksmann, demandent, dans une tribune au « Monde », d’envoyer un signal fort à la population ukrainienne après l’attaque de son territoire par la Russie.

https://www.lemonde.fr/idees/article/2022/02/24/pour-une-reconnaissance-officielle-de-l-ukraine-comme-etat-candidat-a-l-union-europeenne_6115099_3232.html

Tribune. Il y a huit ans, le président ukrainien d’alors, Viktor Ianoukovitch, était destitué par son Parlement et prenait la fuite vers la Russie. Ce départ intervenait après que plus d’une centaine de manifestants ont été tués lorsqu’il a donné l’ordre d’évacuer par la force la place de l’Indépendance à Kiev. Ces manifestants s’étaient rassemblés depuis trois mois à la suite de la décision du gouvernement ukrainien de ne pas signer un accord d’association avec l’Union européenne (UE) et de privilégier un rapprochement avec la Russie.

Ces jeunes sont morts, pour certains le drapeau européen dans la main, parce qu’ils voulaient être libres de choisir l’avenir de leur pays. Ils se sentaient Européens et souverains. C’était leur seul crime. Aujourd’hui, alors que la Russie attaque l’intégralité du territoire ukrainien, c’est encore une fois pour ce crime que des Ukrainiens sont et seront tués.

Depuis cette « révolution de la dignité », et malgré l’annexion de la Crimée et l’occupation du Donbass, les Ukrainiens n’ont pas dévié de leurs aspirations européennes. Au contraire, chaque élection est venue confirmer cette volonté de rejoindre la famille des démocraties européennes. Selon un sondage de l’institut ukrainien Rating Group, publié le 17 février 2022, 68 % des sondés soutiennent l’adhésion à l’UE.

8. Tribune : En s’ouvrant à l’Ukraine et à d’autres pays, l’UE court à la paralysie. Elle doit s’organiser pour aller plus loin et plus vite vers des objectifs communs

L’élargissement potentiel à l’Ukraine, à la Géorgie et à la Moldavie, puis à d’autres, contraindra l’UE à adopter un schéma d’organisation étagé selon le degré d’intégration voulu, écrit l’eurodéputé Bernard Guetta.

Tribune. En trois jours, l’Union européenne s’est engagée à ouvrir ses portes à trois nouveaux pays, dont l’Ukraine. La tâche n’aura rien d’aisé. Il y a même là un tel défi que l’Union ne pourra pas le relever sans entièrement se réinventer, mais ce tournant majeur reste pratiquement inaperçu. Dans le fracas de la guerre, c’est tout juste si l’on a entendu la présidente de la Commission annoncer la nouvelle, à Kiev, le 8 avril. « L’Ukraine marche vers un avenir européen », a alors dit Ursula von der Leyen et, le lundi suivant, la percée de Marine Le Pen au premier tour de la présidentielle française a totalement éclipsé la remise des questionnaires d’adhésion à la Moldavie et à la Géorgie.

En disant « oui » aux Ukrainiens, l’Union a pourtant pris le risque d’accepter en son sein un pays de 44 millions d’habitants, totalement détruit par les pilonnages russes et dont les frontières resteront longtemps aussi disputées que fragiles. Nous avons pris l’énorme risque d’importer dans l’Union un conflit non résolu et d’en devenir ainsi partie prenante. Mais ce n’est pas tout.

Nous nous sommes obligés à prendre le même risque avec la Géorgie et la Moldavie parce que nous ne pouvions pas sembler les abandonner aux nostalgies impériales de Vladimir Poutine, et ce n’est encore pas tout. En trois jours, nous nous sommes ainsi contraints à faire sans doute aboutir autrement plus vite que nous ne le souhaitions les négociations en cours avec la Serbie, le Monténégro, l’Albanie, la Macédoine du Nord, la Bosnie-Herzégovine et même le Kosovo, soit six pays de plus. Nous courons, en un mot, à la paralysie, car nos institutions, conçues pour six Etats, alors que l’Union en compte aujourd’hui vingt-sept, sont déjà tellement essoufflées qu’elles ne pourraient plus du tout fonctionner avec quelque trente-cinq Etats membres aux niveaux de développement économique et politique si profondément différents.

9. L’Union européenne et ses vulnérabilités révélées par la guerre en Ukraine

Souveraineté, défense, énergie, politique migratoire : le conflit percute la relance de la construction européenne.

https://www.lemonde.fr/international/article/2022/05/08/l-union-europeenne-face-a-ses-vulnerabilites-revelees-par-la-guerre-en-ukraine_6125204_3210.html
  • Défense embryonnaire
  • Dépendance transatlantique
  • Vulnérabilité énergétique
  • Le fardeau économique
  • Le dilemme de l’élargissement

10. Pétrole et gaz : les Européens cherchent la parade face à Moscou

La Commission doit présenter, mardi, des pistes pour un éventuel embargo de l’UE. Celui-ci doit être adopté à l’unanimité par les Vingt-Sept.

https://www.lemonde.fr/international/article/2022/05/08/l-union-europeenne-face-a-ses-vulnerabilites-revelees-par-la-guerre-en-ukraine_6125204_3210.html

Alors que le conflit en Ukraine dure, les Européens sont chaque jour un peu plus pris en tenailles entre la nécessité de ne plus financer la guerre du président russe, Vladimir Poutine, et celle d’éviter une nouvelle récession économique à leurs concitoyens. En clair, les Vingt-Sept cherchent à résoudre l’équation difficile qui leur permettrait de se passer de l’énergie russe au plus vite, sans pour autant mettre en péril leur économie et menacer la paix sociale.

Cette semaine, de ce point de vue, s’annonce cruciale, alors que plusieurs rendez-vous sont prévus, qui permettront de mesurer leur capacité à concilier ces deux objectifs.

Le premier de ces rendez-vous s’est tenu lundi 2 mai, avec la réunion à Bruxelles des ministres européens de l’énergie, qui a été convoquée en urgence après que Moscou a interrompu ses livraisons de gaz à la Pologne et la Bulgarie, le 27 avril. Varsovie et Sofia ont en effet refusé de payer leurs achats en roubles, comme l’exige le Kremlin depuis le 1er avril.

11. Mario Draghi défend un « fédéralisme pragmatique » et un « nouvel élan » pour l’élargissement de l’Union européenne

Défense, énergie, politique migratoire… le premier ministre italien, ancien président de la Banque centrale européenne, dessine les contours d’une Europe élargie.

https://www.lemonde.fr/international/article/2022/05/03/mario-draghi-defend-un-federalisme-pragmatique-et-un-nouvel-elan-pour-l-elargissement-de-l-union-europeenne_6124635_3210.html
https://www.lemonde.fr/international/article/2022/05/03/mario-draghi-defend-un-federalisme-pragmatique-et-un-nouvel-elan-pour-l-elargissement-de-l-union-europeenne_6124635_3210.html

Peut-être est-ce une habitude qu’il a prise quand il était banquier central, mais une chose est sûre, Mario Draghi distille sa parole avec parcimonie. Pourtant, mardi 3 mai, devant le Parlement de Strasbourg, le premier ministre italien s’est fait plus éloquent que d’habitude et a pris le temps de livrer sa vision de l’Europe.

La pandémie de Covid-19 et, plus encore, la guerre en Ukraine nécessitent que l’Union européenne (UE) « bouge » vite, a commencé Mario Draghi, devant les eurodéputés. Les défis – économique, énergétique, migratoire et sécuritaire – que ce conflit a fait naître exigent une réponse des Vingt-Sept à la hauteur, mais il leur faut aussi se préparer aux prochaines crises et mettre l’Europe en ordre de bataille pour y faire face. Tel est en substance le message du premier ministre

12. Mario Draghi mise sur sa crédibilité pour replacer l’Italie dans l’Union européenne

Le premier ministre italien, ancien président de la Banque centrale européenne, devra accompagner son plan de relance de réformes.

https://www.lemonde.fr/international/article/2021/03/25/mario-draghi-mise-sur-sa-credibilite-pour-replacer-l-italie-dans-l-union-europeenne_6074435_3210.html

Il fait partie de la famille mais personne ne sait encore quelle place il occupera autour de la table. En tant qu’ancien président de la Banque centrale européenne (BCE), Mario Draghi est un habitué des conseils qui rassemblent les chefs d’Etat et de gouvernement européens et dont il connaît sur le bout des doigts les us et coutumes. Maintenant qu’il est à la tête du gouvernement italien, le voilà membre à part entière de ce club très fermé. Jeudi 25 mars, il devait participer à son deuxième sommet (virtuel) depuis sa nomination. Et c’est avec une certaine curiosité que ses collègues attendent sa prestation, après une première réunion, le 25 février, au cours de laquelle il a manifesté son intention d’imprimer sa marque.

Ce jour-là, Mario Draghi avait surpris son monde. Par son style, d’abord, sobre et direct. « Draghi a un style imprégné de son passé de banquier central, il est économe en mots, va droit au but. Ce n’est pas forcément dans les habitudes du Conseil européen », raconte un diplomate. Sur le fond, aussi, le nouveau premier ministre n’était pas là où l’attendaient ses homologues, qui, pour certains d’entre eux, le fréquentent depuis longtemps. « Au Conseil, ils ont été un peu médusés. Parce qu’ils voyaient Draghi, pas l’Italie. En réalité, ils ne savent pas quel homme politique il va être », explique un autre diplomate.

13. Entre Emmanuel Macron et l’Italie, une relation en dents de scie

Le chef de l’Etat doit signer, vendredi à Rome, un traité bilatéral inédit. Le reflet de la proximité qui l’unit actuellement au président du conseil italien, Mario Draghi, même si cela n’a pas toujours été le cas avec ses prédécesseurs.

https://www.lemonde.fr/international/article/2021/11/25/entre-emmanuel-macron-et-l-italie-une-relation-en-dents-de-scie_6103498_3210.html

Le pouvoir, à Rome, ne va jamais sans mystère. Aussi n’est-il pas étonnant que le palais du Quirinal soit l’un des endroits les plus secrets de la ville. Cette ancienne demeure des papes et des rois d’Italie, construite au sommet d’une colline, est devenue tout naturellement la résidence des présidents à l’instauration de la République, en 1946. A l’intérieur de ses murs épais, le chef de l’Etat joue son rôle, avant tout protocolaire, non sans exercer en coulisses un pouvoir difficilement quantifiable – l’actuel occupant, Sergio Mattarella, est tellement discret qu’on suppose son influence immense.

Le Quirinal n’est pas le centre de la vie politique italienne. C’est là, en revanche, que se dénouent toutes les crises, et que se tiennent les cérémonies les plus solennelles. Vendredi 26 novembre, à 9 heures, le président du conseil italien, Mario Draghi, et le président français, Emmanuel Macron, doivent y signer un traité bilatéral inédit.

(Créé le mardi 10 mai 2022 08h53, Modifié le mardi 10 mai 2022 09h31).Translate